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Synthèses Céréales : Janvier 2015

Lectures : 118731 janvier 2015

Les récoltes mondiales et françaises de céréales et d’oléagineux ont été pressenties puis se sont confirmées abondantes pour la campagne 2014/2015.

Les révisions à la hausse ont ainsi pesé à la baisse sur les prix entre juillet et septembre 2014. Les cours sont toutefois ensuite remontés, d’octobre jusqu’à la fin d’année. Les difficultés d’acheminement des récoltes américaines du Middle West vers les ports puis les taxes à l’exportation de blés russes ont notamment soutenu les cours.

Néanmoins, les prix en décembre 2014 sont demeurés inférieurs pour la plupart des céréales et des oléagineux à ceux de 2013.

bulletin culture 285-1

Campagne 2014/2015 : un bilan mondial de blé tendre excédentaire

En blé, les stocks mondiaux de fin de campagne 2014/2015 progresseraient de 3 % pour atteindre 193 millions de tonnes, selon le CIC. La consommation s’établirait à 712 millions de tonnes, en hausse de 2,4 %, mais demeurerait inférieure à la production qui se maintient à un niveau élevé. En France, la récolte de blé tendre serait de 37,5 millions de tonnes, en progression de 2 % sur un an. Elle dépasserait de 5 % la moyenne annuelle 2009-2013. Une partie de cette récolte ne pourra être utilisée qu’en alimentation animale. En effet, les températures froides et les précipitations de juillet et août ont généré localement des phénomènes de prégermination rendant impropres certains blés à la panification. Dans certains territoires, les temps de chute de Hagberg, test mesurant les effets de la germination, ont été inférieurs aux niveaux requis par la meunerie. Selon FranceAgriMer, 46 % de la récolte aurait un temps de chute de Hagberg supérieur à 220, temps qui correspond à un très bon niveau pour la panification. Entre 2009 et 2013, cette proportion a varié entre 72 % et 100 %.

Les exportations de blé d’origine française ont été en recul vers l’Algérie mais sont en hausse vers l’Égypte. Cette dernière exige des temps de Hagberg pour les blés importés inférieurs à ceux de l’Algérie. Selon FranceAgriMer, le stock de fin de campagne atteindrait 4,3 millions de tonnes contre 2,3 millions de tonnes un an plus tôt.

Les stocks devraient augmenter en maïs

Fin novembre, le CIC a revu sa prévision de récolte mondiale de maïs à la hausse (+ 2,6 millions de tonnes). Elle s’élèverait à 982,3 millions de tonnes. L’essentiel de cette révision proviendrait de la Chine dont la récolte serait à un niveau plus élevé que celui anticipé précédemment (216 millions de tonnes contre 214 millions de tonnes).

La récolte chinoise serait proche du niveau record de la campagne précédente. La récolte s’annonce également abondante aux États-Unis, avec selon le CIC, 365 millions de tonnes attendues pour la campagne 2014/2015. La récolte dans l’Union européenne devrait également progresser pour s’établir à 73 millions de tonnes, avec les rendements les plus importants jamais enregistrés, d’après le bulletin Mars édité par la Commission européenne en décembre. En France, la récolte de maïs grain est estimée à plus de 17 millions de tonnes, en hausse de 13 % sur un an.

La demande mondiale progresserait de 21 millions pour atteindre 963 millions de tonnes, notamment grâce à l’alimentation animale. L’utilisation en alimentation humaine et en industrie, notamment pour la production d’éthanol, progresse à un rythme plus lent. Pour la campagne 2014/2015, 58 % de la production de maïs servirait à l’alimentation animale. La production demeurerait excédentaire par rapport à la consommation. Au niveau mondial, les stocks de fin de campagne progresseraient de 19 millions pour atteindre 195 millions de tonnes, selon le CIC. En France, les stocks de fin de campagne devraient s’établir à 4 millions de tonnes contre 2,3 millions de tonnes un an plus tôt selon FranceAgriMer.

Des prix en baisse durant l’été

Au cours de l’été, les relèvements des perspectives de récoltes mondiales de céréales ont entraîné les cours à la baisse. Ce recul s’est poursuivi en septembre avec la nouvelle révision à la hausse pour la récolte de maïs, notamment en Europe, à l’occasion du début des récoltes.

En septembre, le blé tendre meunier français cotait 18 % de moins qu’en avril. Aux États-Unis, le prix du blé de type soft red winter (SRW) était en baisse de 21 % à la bourse de Chicago, mais la baisse n’a été que de 11 % en Fob golfe du Mexique. Cette différence provient d’une augmentation sensible des coûts d’acheminement de l’intérieur des terres vers la côte en septembre. Toutes ces baisses correspondent à des prix libellés en euros.

Outre l’abondance de récolte mondiale, le maïs a subi la concurrence du blé fourrager. Ainsi, en France, le prix du maïs a perdu 25 % et celui du blé fourrager 32 % entre avril et septembre 2014. En septembre 2014, le prix du maïs a baissé de 21 % en France par rapport à 2013. Sur cette même période, le prix du blé fourrager perdait 27 %.

Les cours des céréales se redressent en fin d’année

À partir d’octobre, les cours des céréales sont remontés malgré les récoltes abondantes au niveau mondial. La poursuite de la baisse de l’euro par rapport au dollar a renforcé mécaniquement les prix des céréales libellés en euros.

En octobre-novembre, des difficultés d’acheminement des récoltes abondantes américaines du Middle West vers les ports ont soutenu les cours. Les productions agricoles se sont trouvées en concurrence avec le gaz et le pétrole de schiste pour leur transport par voie routière, fluviale ou ferroviaire. Les infrastructures vieillissantes ont difficilement permis d’absorber à la fois les récoltes abondantes de cette année et les hydrocarbures comme le gaz et le pétrole de schiste, en fort développement ces dernières années.

En novembre, du blé fourrager français a été livré aux États-Unis. Le volume est modeste (45 000 tonnes) au regard de la production française mais est symptomatique des difficultés logistiques américaines rencontrées durant cette période de moisson. La différence de cours entre la bourse de Chicago et le SRW Fob Golf traduit ces problèmes.

Ainsi, l’écart entre ces deux cotations est passé de 26 € en juillet à 42 € en septembre puis 47 € en octobre. Lors de la campagne 2013/2014, un écart supérieur à 50 € avait perduré de septembre 2013 à mars 2014. L’écart était inférieur en moyenne mensuelle à 26 € en dehors de ces mois où la plus grande partie des récoltes doit être acheminée vers les ports.

Les inquiétudes sur le blé russe ont favorisé le maintien des cours

La hausse du cours des céréales s’est poursuivie en décembre. Le prix du blé tendre a retrouvé des niveaux proches de ceux de l’an passé en fin d’année. Les inquiétudes concernant la Russie ont soutenu les cours. La faiblesse du manteau neigeux a fait craindre le gel des cultures en cas de grands froids et la chute du rouble a incité les agriculteurs et les négociants russes à conserver ou à exporter leur blé plutôt que de l’échanger contre des roubles.

Le potentiel de la prochaine récolte pourrait également être entamé par la faiblesse du rouble et la hausse des taux d’intérêt en Russie (passés de 11 à 17 % pour soutenir le rouble) qui pourraient entraîner une baisse des intrants pour les agriculteurs russes. Pour contenir une flambée du prix du pain, les autorités russes ont envisagé des restrictions à l’exportation. Les conditions sanitaires pour l’exportation sont ainsi devenues plus restrictives début décembre. Fin décembre, les autorités russes ont annoncé la mise en place de taxes à l’exportation entre février et juin 2015. Chaque tonne de blé exportée sera taxée 35 € au minimum.

Néanmoins, l’impact de ces mesures pourrait être limité. En effet, une grande partie des exportations russes a déjà été réalisée et elles devraient se poursuivre jusqu’à fin janvier. Par ailleurs, la taxe ne signifie pas l’arrêt des exportations. Si la faiblesse du rouble se poursuit, l’exportation de blé russe pourrait encore être rentable audelà du 1er février.

Malgré le rebond, des prix en décembre toujours en recul sur un an en France

En décembre, le prix moyen du blé tendre de qualité meunière départ Eure-et-Loir a progressé de 15 % par rapport à septembre. Le prix du maïs rendu Bordeaux a progressé de 19 % sur la même période.

En décembre 2014, le prix du blé tendre départ Eure-et-Loir se rapproche de celui de décembre 2013 (– 4 %). Par ailleurs, de septembre à la fin de l’année 2014, le prix du blé tendre départ Eure-et-Loir de qualité meunière s’est négocié à des niveaux proches voir au-dessus de celui du blé tendre de classe 1 rendu Rouen. En général, le prix du blé rendu Rouen est plus cher pour tenir compte des frais d’acheminement. Cette année, l’absence de prime du rendu Rouen sur le blé de qualité meunière départ Eure-et-Loir pourrait provenir d’une différence de qualité entre les deux, notamment en termes de temps de chute de Hagberg. En décembre 2014, le blé rendu Rouen perdait 8 % par rapport à 2013.

Aux États-Unis, exprimé en euro, le rebond des prix du blé tendre depuis septembre a plus que compensé la baisse estivale. Ainsi, à la bourse de Chicago, le cours du blé tendre a été en hausse de 9 % entre décembre 2014 et décembre 2013. Celui du blé SRW Fob Golf a, quant à lui, progressé de 3 % entre décembre 2014 et décembre 2013. Les problèmes de qualité rencontrés en France pourraient expliquer une partie de ces différences d’évolution des prix sur un an entre la France et les USA.

En décembre, le maïs (– 13 %) et le blé fourrager (– 16 %) ont davantage baissé sur un an en France que le blé meunier. L’écart entre le blé fourrager et le blé de qualité meunière a été particulièrement élevé en début de moisson lorsque la crainte sur la qualité est apparue. De 10 % en juillet, l’écart a atteint 28 % en août.

Rebond du prix des oléagineux en fin d’année

Selon le CIC, la production mondiale de soja devrait atteindre 308 millions de tonnes lors de la campagne 2014/2015, en hausse de 8 %. La consommation stagnerait à 297 millions de tonnes. Les stocks s’établiraient à 40 millions de tonnes, en progression de 37 % sur un an. La récolte de soja devrait être particulièrement élevée chez les trois principaux exportateurs de soja : Argentine, Brésil et États-Unis. La récolte de colza augmenterait de 8 % dans l’Union européenne et de 26 % en France, grâce à des rendements élevés. La récolte de tournesol progresserait de 6 % dans l’Union européenne, malgré une légère baisse en France (– 1,9 %) due au recul de la sole.

L’abondance des récoltes réalisées en 2014 ou anticipées pour 2015 a été un facteur de baisse du prix des oléagineux. Les cours du pétrole ont également pesé sur les cotations. La décision de l’Opep fin novembre de maintenir les quotas de production de pétrole a provoqué une chute du prix de ce dernier et dans son sillage celui du soja. Exprimé en dollar, le cours de la tonne de soja sur le marché de Chicago a perdu 31 % entre mai et décembre 2014.

Néanmoins, certains facteurs haussiers ont contrebalancé ces éléments négatifs. Comme pour les céréales, la dépréciation de l’euro par rapport au dollar a soutenu les cours exprimés en euros. En fin d’année, des craintes sur une baisse de la production d’huile de palme en Indonésie, à la suite d’inondations ont également soutenu le cours des oléagineux.

Le prix du colza a baissé de mars à septembre 2014. La récolte de colza augmenterait de 26 % en France et de 8 % dans l’Union européenne. En septembre, le prix moyen mensuel du colza était 24 % plus bas qu’en mars. Puis il s’est redressé en fin d’année. En décembre, il avait repris 10 %, en moyenne, par rapport à septembre. Le recul des semis de colza pour 2015 en France et dans l’Union européenne a pu permettre de soutenir le cours en fin d’année.

De même, la révision à la baisse de la production de canola en Australie a été un facteur favorisant la hausse du cours du colza. Ces éléments haussiers peuvent expliquer une baisse du colza sur un an plus faible que celle du soja. En effet, entre décembre 2014 et décembre 2013, le colza a reculé de 9 %, contre 14 % pour le soja.

Le prix du tournesol favorisé par rapport au colza et au soja

De mars à septembre 2014, le prix du tournesol a diminué comme les autres oléagineux. Néanmoins, cette baisse a été moins forte que pour le soja ou le colza. À partir de la mi-septembre, le prix du tournesol s’est redressé et a dépassé en fin d’année le prix du colza.

En automne, les prévisions de récolte des deux plus importants producteurs mondiaux, Russie et Ukraine, ont été revues à la baisse. En novembre, l’USDA a révisé à la baisse de 0,5 million de tonnes sa prévision de récolte pour la Russie (9 millions de tonnes).

Le centre allemand indépendant de recherche sur les huiles végétales Oil World prévoit une récolte mondiale de graines de tournesol en baisse de 4,7 % sur un an pour la campagne 2014/2015. En moyenne en décembre 2014, le cours du tournesol a retrouvé son niveau de décembre 2013.

 

Source : Agreste

Téléchargez le document avec tous les indicateurs : Agreste Synthèses – Grandes cultures – Janvier 2015 – n° 2015/257

Source : http://www.abc-eleveurs.net/cultures/dossiers/1256-syntheses-cereales-janvier-2015

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