espace membre

Logo abc-éleveurs

www.abc-eleveurs.net

Les techniques utilisées en bio pour maîtriser l’enherbement

Lectures : 128425 octobre 2014

Indispensables en agriculture biologique, différentes techniques peuvent aussi être utilisées en conventionnel pour maîtriser l'enherbement. Notamment pour réduire l'utilisation des produits phytosanitaires.

enherbement bio 530

 

En agriculture biologique, l'enherbement est une des principales difficultés auxquelles sont confrontés les agriculteurs. Pour le limiter, ils ont donc développé un ensemble de techniques complémentaires.

Source : Panorama Presse Réussir BL - BV

1- Des rotations longues et diversifiées

L’essentiel se joue en préventif, l'élément le plus important étant des rotations longues et diversifiées. En variant les cultures, en alternant semis de printemps, été et automne, on réduit les possibilités de développement des adventices.

L'introduction d'un pois de printemps entre deux blés dans une rotation colza-blé-blé limite ainsi fortement le développement du vulpin. L'introduction de cultures annuelles « étouffantes », de variétés à bonne vigueur au démarrage, à port couvrant, ou de cultures pérennes pâturées ou fauchées (prairie, luzerne) réduit également l'enherbement. Enfin l'implantation de cultures à différentes périodes et à interrangs variables permet d'intervenir plus efficacement avec divers outils.

2- Couverts végétaux et faux-semis sitôt la récolte de la culture

La gestion de l'interculture est également essentielle. L’implantation d'un couvert à croissance rapide participe notamment à limiter l'enherbement.

3- Le labour

Le labour, qui enfouit les graines en profondeur, est également une solution pour éliminer les graminées vivaces et les espèces à taux annuel de décroissance (TAD)* élevé tels que les bromes, vulpins, ray-grass, composés... (avec un contre-exemple : la folle avoine, à fort TAD en surface uniquement). Il est intéressant d'alterner un labour classique et un labour superficiel, une fois sur deux ou au retour d'une même culture dans la rotation.

*TAD: pourcentage de graines qui meurent après enfouissement dans le sol.

4- Le faux-semis

Un faux-semis faisant germer les graines d'adventices présentes dans les premiers centimètres du sol pour les détruire ensuite par un passage d'outil permet par ailleurs un déstockage des graines d'adventices. Le faux-semis doit se faire sitôt la récolte de la culture, à 5-7 centimètres, en créant une structure moyennement fine. Le déchaumage, qui nettoie le lit de semence sans remonter de graines en surface, permet aussi un déstockage d'adventices. Il est notamment efficace contre les rumex et chardons des champs.

5- Semis tardif

Enfin, un semis plus tardif de 15-20 jours que classiquement réduit également l'enherbement. En culture d'hiver, un décalage de semis limite la germination des adventices par rapport à la culture. Et en culture d'été, il permet de semer sur un sol bien réchauffé, ce qui favorise la vitesse et l'homogénéité des levées. « Un faux-semis et un semis décalé de 15-20 jours réduisent de 65 % la densité en chénopode dans une culture de maïs », illustre Benoît Nezet.

6- Le désherbage

Le désherbage mécanique intervient en curatif. La herse étrille et la houe rotative, qui arrachent et recouvrent les adventices, sont utilisables sur adventices jeunes (<2-3 feuilles vraies). La houe doit être préférée quand le sol n'est pas parfaitement ressuyé mais est à éviter sur sol caillouteux. La bineuse permet d'intervenir sur des adventices plus développées, pour des cultures semées à grand écartement (à partir de 25 cm), ce qui peut amener à modifier l'écartement pour pouvoir biner.

Désherbages mécanique et thermique en prélevée

Le binage étant de plus en plus fréquent sur maïs, céréales, protéagineux, betterave... des systèmes de guidage des bineuses commencent à se développer. Les plus simples sont les systèmes de guidage physique; palpeurs utilisés en maïs, roue trace montée sur l'interface et reprenant une trace laissée lors du semis, disque...

Un guidage par cellule photo-électrique ou caméra est également possible, avec toutefois un réglage délicat. Et le guidage du tracteur par GPS, qui permet de biner plus vite et plus précisément, commence également à se développer. Plusieurs accessoires peuvent par ailleurs être installés sur la bineuse : socs de sarclage plats permettant une meilleure maîtrise de la profondeur de travail et des relevées et épargnant les racines, cache-plants protégeant la culture, roues à doigts souples ou à brosses permettant d'intervenir sur le rang.

7- Le désherbinage

Le désherbinage, qui associe un désherbage chimique localisé sur le rang et un binage sur l'entre-rang commence également à se développer. Une autre solution, utilisable en prélevé, est le désherbage thermique, dont l'intérêt varie selon le prix du pétrole. D'autres pistes sont à l'étude: écartement de semis, semis sous-couvert, cultures associées... 

Connaître le comportement des adventices

Pour des adventices qui posent problème, un préalable est de connaître leur comportement:

  • cycle: annuel, pluriannuel, vivace;

  • période de levée : indifférente, saisonnière;

  • profondeur de germination;

  • production semencière;

  • durée de vie des graines:1 à 3 ans pour les graminées annuelles et quelques dicotylédones (composées...), 3 à 7 ans pour les chénopodes, coquelicots, pensées, capselles, amarantes, renouées..., plus de 10 ans pour le mouron et le rumex.

Selon les adventices présentes, un ou plusieurs leviers doivent être activés.

Source : http://www.abc-eleveurs.net/cultures/dossiers/316-les-techniques-utilisees-en-bio-pour-maitriser-l-enherbement

Rejoignez-nous !

Les articles, les jeux concours, les paroles d'éleveurs sont en direct sur

Facebook Twitter Google+

Newsletters ABC

Chaque mois, recevez gratuitement les meilleurs articles sélectionnés par les éleveurs, selon votre filière.

Tentés ?
Regardez les dernières newsletters