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Le diagnostic et l'amélioration des prairies : Les étapes du diagnostic

Lectures : 20125 février 2013

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Les différentes étapes du diagnostic passent par l'écoute et l'observation.

Vous trouverez ci-dessous tous les détails pour réussir votre diagnositc ainsi que des fiches pratiques téléchargeables pour n'omettre aucune information.

Pour retourner au sommaire de cette série de dossier sur les prairies et leurs diagnostics : cliquez-ici.

Source : Gnis

Ecouter l’éleveur

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Connaître vos objectifs pour la parcelle

 

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La fiche diagnostic est votre guide dans cette étape de la démarche. Utilisez une fiche différente pour chaque parcelle.

 

Besoins à satisfaire, contraintes d'utilisation

Pour que l'intervention sur la prairie porte pleinement ses fruits, l'éleveur devra modifier certaines pratiques. Il faut donc qu'il soit motivé. Il ne le sera que si la méthode proposée offre un bon compromis entre ses besoins et les contraintes liées à son exploitation :

  • conditions climatiques de sa région

  • éloignement et accessibilité des parcelles

  • potentiel et fragilité des sols

  • mode d'exploitation de l'herbe

  • place de l'herbe dans son système fourrager

  • rôle de la parcelle dans le système fourrager

Il peut avoir aussi des contraintes de qualité d'herbe ou de productivité avec son système actuel.

Améliorations souhaitées

Il peut souhaiter une augmentation plus ou moins progressive de la production de la prairie, ou l'amélioration de la flore.

Selon le rôle ou l'utilisation et l'intensification souhaitées de la prairie, les techniques à mettre en œuvre peuvent être différentes pour un même état initial de la parcelle.

Faire l’historique de la parcelle

 

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Il est préférable à ce niveau de connaître le mode d'exploitation et le niveau d'intensification généralement pratiqué sur les 5 à 10 dernières années plutôt que de les connaître très précisément sur une période de 1 ou 2 ans.

Installation et entretient de départ

Si la prairie est d'installation relativement récente, il est bon de savoir dans quelles conditions s'est effectué son semis et les problèmes éventuels qui l'ont suivi (espèces semées, mode de semis, amendements, fertilisation de fond, caractéristiques climatiques à la levée, conditions de la première exploitation...). Demandez aussi les opérations d'entretien qui ont pu être effectuées.

Fertilisation annuelle

L'efficacité de la fumure est un révélateur intéressant du potentiel de la prairie. Si la productivité reste médiocre malgré des apports d'engrais minéraux ou organiques depuis plusieurs années, c'est que la flore est peu performante ou qu'un problème de sol existe. Il sera aussi nécessaire d'observer de près l'activité biologique du sol (présence de vers de terre).

Mode d'exploitation sur plusieurs années

Notez le mode dominant : pâturage, ensilage, foin, ou bien ensilage puis pâturage des repousses, ou foin plus pâturage des repousses...
Dans le cas de pâturage précisez son mode de conduite (tournant, rationné, continu, libre), valorisez les planning fourragers quand ils existent.

 

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Relevez le détail de l'utilisation sur le planning fourrager de l'exploitation s'il existe

 

Dates d'exploitation habituelles, et l'année en cours

Une mise à l'herbe trop tardive peut entraîner une dégradation de la flore (refus plus importants, repousse plus difficile...).

Un pâturage trop tardif à l'automne sur plusieurs années peut être à l'origine d'un épuisement prématuré de la prairie.

Types d'animaux et chargement

Le type d'animal permet de cerner l'exigence de qualité. Un troupeau laitier a des besoins plus élevés qu'un troupeau allaitant.

Notez le nombre moyen d'animaux à l'hectare et les périodes de pâturage. Le chargement est un critère important sur lequel l'éleveur peut intervenir pour gérer au mieux ses prairies. Un chargement élevé est indispensable pour bien maîtriser la croissance de l'herbe à certaines périodes, il doit être ajusté en fonction de la pousse de l'herbe et de la fumure azotée.

Accidents éventuels

La productivité d'une parcelle peut être affectée pendant plusieurs années par des accidents de toute nature : inondation, sécheresse, gel, surpâturage, mise à l'herbe trop tardive, excès de piétinement, pâturage hivernal, attaques de rongeurs (campagnols, ...).
Des places vides sont très souvent recolonisées par des espèces peu ou pas intéressantes.

Observer les caractéristiques de la parcelle

 

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La traversée de la prairie permet de noter de nombreux éléments sur son état. La structure de la végétation, sa situation donnent des indications précieuses sur les possibilités techniques d'intervention. Une parcelle est de plus rarement homogène et il est parfois nécessaire de la découper en zones. Chacune de ces zones sera alors étudiée comme une parcelle à part entière.

 

fiche diag ro

Relevez les caractéristiques pour disposer de précieuses informations au moment de la décision finale d'amélioration ou de rénovation. Une forte pente présente des risques d'accidents et d'érosion en cas de travail du sol.

 

L'aspect général

On notera d'abord la situation générale de la parcelle et les conséquences de la topographie sur son exploitation : situation séchante en été, risque d'inondation, facilement labourable ou non, forte pente, etc. On dessinera les différentes zones sur la fiche.

On notera ensuite l'aspect superficiel du sol : caillouteux, filtrant ou compact, les signes d'engorgement en eau, etc.

Ces indications permettront, lors de la décision finale, de déterminer la technique d'amélioration ou de rénovation la mieux adaptée.


Vue globale de la flore : échelle d'appréciation visuelle du recouvrement et de la densité des plantes fourragères

Il est d'abord utile de noter :

  • la densité du tapis végétal : plus la prairie est dégradée, plus la végétation est parsemée et irrégulière,

  • la litière : s'il y a beaucoup de litière (ou matière végétale morte), ou la présence de nombreux refus : il y a sans doute un problème de conduite du pâturage,

  • la régularité du tapis : elle peut aussi être un indicateur. Une pâture bien exploitée, une flore adaptée auront pour conséquence l'obtention d'un tapis régulier,

  • les plantes indicatrices : la présence de plantes visibles de loin (joncs, chardons, plantes à rosettes...) renseigne sur certaines contraintes du milieu.

Ce coup d'œil permet, avec l'expérience, de donner déjà des éléments de réponse. Ces premières observations seront complétées par l'analyse détaillée de la flore (nombres d'espèces présentes, estimation de la qualité de la flore, plantes indicatrices : voir l'étape suivante "observer la flore").

Le sol

fiche diag vo

Avec l'expérience du diagnostic des prairies, des étapes peuvent être éliminées.

L'observation fine de la flore, par exemple, n'est pas toujours nécessaire ; avec l'habitude, le "coup d'oeil" peut suffire à évaluer une prairie.

Cependant cette étape demeure indispensable au stade de l'apprentissage de la technique de diagnostic.

 

En surface : la présence de fentes de rétraction indique une teneur élevée en argile. La présence de nombreux turricules de vers de terre au printemps est un excellent indicateur de fertilité et de bonne activité biologique du sol ; si la flore doit être rénovée, un semis sera aisé. Par contre, le faible nombre de turricules peut être un signe d'asphyxie du sol : les terres souvent inondées sont dans ce cas.

En profondeur : l'ouverture d'un profil d'au moins 30 cm de profondeur ou un sondage à la tarière donne des indications précieuses sur l'état de la prairie, en particulier la profondeur de l'enracinement, la présence de semelles de labour, de traces d'hydromorphie... Enfin, il est nécessaire d'évaluer la présence des cailloux du sous-sol, car labourer une prairie permanente et mettre à jour des cailloux qui sont enfouis peut être une grave erreur.

Valoriser les analyses de sol lorsqu'elles existent : la connaissance du pH et de la teneur en éléments minéraux du sol permettra de corriger les carences éventuelles et d'adapter la fertilisation. Cependant, l'analyse de la plante encore appelée diagnostic nutritionnel permet un diagnostic plus fiable et un conseil de fumure plus adapté.

L'analyse granulométrique des différents horizons du sol peut être utile. Elle aide aussi à choisir les techniques à utiliser, le travail du sol avant l'hiver ou au printemps. Cependant avec un peu d'expérience, l'ouverture d'un profil cultural ou le sondage à la tarière permet de cerner plus rapidement les principales caractéristiques physiques d'un sol.

L'analyse végétale renseigne sur la réelle disponibilité en P et K du sol pour les plantes.

Observer la flore

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Prélever des échantillons

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Prélever des échantillons des plantes présentes dans la parcelle pour une analyse floristique détaillée.

L'analyse de la flore dans les zones surfertilisées donne une bonne indication des possibilités d'évolution.

 

Pour caractériser la flore d'une prairie il n'y a pas de méthode idéale, conciliant rapidité et précision.?L'objectif est le plus souvent un conseil immédiat. Un diagnostic rapide est suffisant dans la plupart des situations à l'exception de prairies à flore très complexe.?On peut aussi faciliter le diagnostic en se référant à une typologie des prairies locales avec quelques plantes indicatrices.?Cependant, ces typologies sont encore peu fréquentes. La démarche proposée ci-après permet d'objectiver le coup d'oeil.

Si l'observation globale de la flore n'est pas suffisante, pour effectuer un bon diagnostic, il est nécessaire de prélever des échantillons de plantes.

Une méthode simple et efficace consiste à traverser la parcelle en diagonale, par un cheminement en zig-zag, et prélever une poignée d'herbe en 10 points différents. Par exemple, tous les 10 ou 20 pas, on prélève la touffe d'herbe qui se trouve au bout de son pied. Cette fréquence de prélèvement permet d'inventorier environ 70 % des espèces présentes dans la prairie.

Il est prudent d'éviter les entrées de parcelles et la proximité des points d'eau où la flore est souvent différente. De même il faut veiller à bien répartir les prélèvements en tenant compte des éventuelles caractéristiques particulières de la parcelle : hétérogénéités dues à des modes d'exploitation différents dans le passé, présence d'ados, hétérogénéité du sol,...Si des zones hétérogènes importantes existent sur la parcelle on la découpera en zones et on effectuera les prélèvements comme si on avait à faire à 2 parcelles différentes.

La meilleure époque pour réaliser ces prélèvements et ces obser¬vations est le printemps (avant la 1ère exploitation).

Pour chacun des 10 prélèvements, cochez dans le tableau de la fiche diagnostic, selon les catégories de plantes observées, la présence de chaque espèce.

La grille d'analyse de la flore de la fiche de diagnostic permet :

  • de rajouter des espèces propres à votre région,

  • de compléter votre analyse, soit en augmentant le nombre de prélèvements, soit en effectuant des prélèvements dans des zones particulières (zones humides, zones surfertilisées près des bouses et des pissats, ...).

Vous pouvez alors calculer la fréquence relative de chaque espèce :

frequence

Ce travail demande une quinzaine de minute par parcelle.

Reconnaître une quinzaine de plantes

Pour effectuer correctement ce travail, il n'est pas nécessaire de reconnaître toutes les plantes présentes. La connaissance des principales graminées (10) et dicotylédones (10) de la région suffit très souvent.

Par contre, il est nécessaire de noter le nombre de plantes différentes qui est un critère d'évaluation de la qualité de la prairie.

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Les critères de reconnaissance des graminées doivent bien être mémorisés. Leur observation sur le terrain demande un entraînement régulier et l'utilisation d'un minimum de matériel et utile : loupe (compte fil), lame de rasoir (cutter), et clé de détermination (Télécharger la clé de déterminationdes graminées au format pdf).

Donner une appréciation globale de la végétation

Le nombre total d'espèces présentes est révélateur du mode de conduite et de la qualité de la parcelle :

  • petit nombre d'espèces (7 à 8) et espèces de bonne qualité : bonne végétation,

  • espèces nombreuses (20 à 50) : végétation peu productive.

Lorsque la prairie a connu des accidents ou si la gestion du pâturage est inadaptée, la flore se diversifie. Ce critère est très fiable pour le diagnostic global de l'état de la prairie.

Classer les espèces selon leur qualité

Pour estimer la qualité de la végétation d'une prairie il faut déterminer les proportions de chaque espèce présente et les classer selon leur qualité.

La qualité d'une espèce est une notion qui tient compte :

  • de sa valeur nutritive

  • de son appétence

  • de sa productivité

  • de la régularité de sa production

  • de son adaptation au mode d'exploitation (nombre de coupes, types d'animaux...)

Selon ces critères, les meilleures espèces sont les graminées et les légumineuses (?) les plus cultivées : ray-grass anglais, dactyle, fétuque, fléole, trèfle blanc, trèfle violet, luzerne.

Cependant, de nombreuses autres espèces peuvent être classées comme bonnes, moyennes ou médiocres selon les régions en fonction du climat, des sols et des types d'élevages pratiqués.

Il existe aussi des espèces indésirables, qu'elles soient simplement gênantes (non pâturées, elles sont à l'origine de refus : Brôme mou, orge aux rats), parasites (elles amoindrissent le potentiel des espèces qui les supportent par exemple Rhinante, Cuscute), ou carrément toxiques (ex. Renoncule, Euphorbe...).

Noter les plantes indicatrices

Il est intéressant de noter les plantes dont l'importance est révélatrice de conditions de sol ou d'exploitation particulières : fougères aigle, joncs, orties, etc... Il faut tenir compte de ces plantes même si elles ont échappé au hasard des prélèvements.

Le nombre de plantes indicatrices présentes est très variable d'une prairie à l'autre. Il se réduit notamment avec l'intensification, et donc, il ne faut pas conclure, par exemple, qu'un sol n'est pas basique parce que l'on ne trouve pas de plantes indicatrice de pH élevé. De même, la présence d'une espèce indicatrice n'est pas suffisante pour conclure avec certitude du niveau du caractère considérée. C'est un ensemble de plantes indicatrices qui « révèle » une caractéristique du milieu.?Il convient ensuite de confirmer cette caractéristique par d'autres observations ou d'autres analyses.

Source : http://www.abc-eleveurs.net/cultures/dossiers/342-le-diagnostic-et-l-amelioration-des-prairies-les-etapes-du-diagnostic

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