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Le diagnostic et l'amélioration des prairies : L’assainissement des prairies

Lectures : 12035 mars 2013

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Les conséquences d'un excès d'eau peuvent être importantes et réduire à néant tous les efforts d'amélioration effectués antérieurement. L'élimination de l'excès d'eau est alors un passage obligé, ses conséquences sont de plusieurs types :

Le sol est sensible au piétinement

Un sol gorgé d'eau est plus sensible au tassement et au piétinement, les risques de dégradation de la structure du sol sont donc importants. Le sol est également plus froid, ce qui retarde la production d'herbe et peut même compromettre la récolte.
L'hydromorphie des prairies désorganise le fonctionnement des exploitations. Imaginez une exploitation qui a les 2/3 de sa surface fanée sur des sols hydromorphes (il n'y a pas de récolte programmable et des retards assurés).

La nutrition des plantes se fait moins bien

Un milieu gorgé d'eau est un milieu réducteur, en dehors des risques de toxicité (Al), cela diminue l'efficacité des apports d'engrais minéraux et organiques.

L'activité biologique est réduite

Un sol asphyxié voit disparaître les vers de terre et donc le bénéfice de toute leur activité. Il favorise le développement de certains parasites et pose des problèmes sanitaires aussi bien sur les plantes que sur les animaux. D'autre part, un sol asphyxié limite le développement du trèfle blanc.

Les techniques d'exploitation sont plus difficiles à raisonner en prairie hydromorphe

Le drainage coûte cher ! Son coût varie selon les techniques utilisées. Jusqu'à ces dernières années on "l'amortissait" en passant de la prairie à une culture de vente. Aujourd'hui la conversion n'est plus souhaitée. D'où nécessité d'y regarder de près en fonction des objectifs.

Remarques complémentaires : Le taupage ou drainage taupe

Consiste à mouler dans le sol en profondeur (50 cm à 60 cm sous la surface du sol) une galerie en pente douce et régulière. Cette galerie joue le rôle d'un
drain (collecte et transport de l'eau excédentaire). Ne pas confondre avec le sous-solage qui s'apparente plus à une façon culturale.

Il faut savoir que, conventionnellement, les spécialistes de l'hydraulique utilisent le terme « drainage » pour toutes les opérations extérieures à la parcelle. Pour tout le reste (à l'intérieur), il s'agit de techniques de drainage. Dans un système d'élevage, il suffit de 20 à 30 % de prairies saines pour "sécuriser" le système.

L'amélioration des prairies humides

Un exemple de démarche proposé par la Chambre d’Agriculture de Haute-Saône, élaboré avec le concours de l’INRA et l’ENESAD

L'étude préalable est obligatoire

Avant d'entreprendre quelques travaux que ce soit, il y a lieu de faire une étude préalable. Celle-ci déterminera les besoins, les possibilités de réalisation, le coût, le calendrier d'exécution des différentes tranches.

Les techniques de drainage utilisées en prairie ont pour but d'abaisser la contrainte d'exploitation, qui n'est jamais aussi forte qu'en terre cultivée, les moyens à mettre en œuvre n'ont donc pas de raison d'être identiques. Ainsi, le niveau des dépenses se réduit souvent de moitié et parfois davantage. De plus, 
les travaux peuvent être réalisés par tranche.

I - Examiner l'environnement de la parcelle

  • Repérer les éléments d'infrastructure immuables visibles (lignes électriques, etc...) ou invisibles (canalisations souterraines,...)
  • Apprécier le réseau d'assainissement ou les débouchés de l'eau hors de la parcelle.
  • Observer l'état des fossés, leur profondeur, la possibilité de rejet au travers des fonds en aval. S'il est impossible de poser des tuyaux enterrés à la profondeur réglementaire de 80 cm, on pourra encore tenter le tranchage ou le taupage seul.

 

II - Etudier la topographie de la parcelle, même en pente visible

De petites concavités, des cuvettes, des talwegs, des creux de sillons des anciens fossés, doivent être minutieusement relevés ; ils déterminent des zones d'accumulation qu'un système de drainage doit obligatoirement traverser.

Le levé topographique de la parcelle et le tracé des courbes de niveau sur le plan sont des préalables indispensables à tous travaux de drainage quels qu'ils soient. Le plan coté sera une base définitive pour les choix ultérieurs de drainage.

III - Déterminer la nature et l'origine de l'excès d'eau

  • L'eau venant de l'extérieur doit être arrêtée en périphérie ou sur une limite de parcelle, soit par un fossé, soit par une tranchée gravillonnée puis éliminée par un exutoire. Il s'agit d'une opération primordiale, et dans certains cas, ce simple aménagement apporte une amélioration suffisante de la situation. Si la parcelle doit être drainée par tuyaux enterrés, un renforcement du réseau en limite peut parfois suffire.
  • Les excès d'eau localisés (mouillères, sources, sourcillons) Il faut apprécier l'importance du débit, la durée, les périodes d'apparition de l'eau. Un captage spécifique doit souvent être entrepris et l'eau éliminée sur un collecteur après une éventuelle récupération pour de l'abreuvement.
  • L'hydromorphie généralisée : les techniques employées seront fonction du type de sol.

 

IV - Observer le sol

Faire un profil et/ou des sondages aux profondeurs normales de drainage à un mètre ou plus pour apprécier la présence et la profondeur des obstacles, ainsi que la nature du sol et du sous-sol.

Structure et texture à différents niveaux permettent de déterminer le choix des techniques :

  • tuyaux enterrés, gravillonnés ou non
  • tranchées fines, gravillonnées ou non,
  • taupage sur fossés.

Ou combinaison de ces techniques entre elles en tenant compte de leur complémentarité.

V - Remise en état de production

Les travaux de drainage en prairie sont de beaucoup plus faible intensité et donc moins dégradants pour la parcelle. Le ressemis n'est pas obligatoire sauf si la flore est trop mauvaise, ce que le diagnostic préopératoire a déjà dû déterminer.

Un désherbage sélectif, un amendement, une fertilisation adaptée sont souvent suffisants pour obtenir une amélioration satisfaisante à moyen terme.

Si le besoin d'une production meilleure se fait plus urgent, une rénovation complète de la flore (par désherbage total et semis direct) apporte le résultat espéré.

Pour retourner au sommaire de cette série de dossier sur les prairies et leurs diagnostics : cliquez-ici.

Source : Gnis

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Source : http://www.abc-eleveurs.net/cultures/dossiers/356-le-diagnostic-et-l-amelioration-des-prairies-l-assainissement-des-prairies

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