espace membre

Logo abc-éleveurs

www.abc-eleveurs.net

La fertilisation de l'orge d'hiver, du blé tendre et des céréales d'hiver

Lectures : 621023 mars 2013

cereales hiver 500

 

 

 

 photo credit: Sustainable sanitation via photopin cc


La fertilisation est l'apport d'éléments minéraux nécessaires au bon développement des végétaux. Elle peut être sous forme chimique ou organique.

Voici trois fiches pratiques qui vous permettront d'optimiser la fertilisation de vos céréales d'hiver:

Fertilisation azotée de l'orge d'hiver


Des stratégies d’apports pour augmenter les rendements

orge2 180

La fertilisation azotée de l’orge d’hiver s’appuie classiquement sur 2 apports. De 1994 à 2001, des essais ont démontré que le fractionnement en 3 apports permet des gains de rendements, sans dégrader la qualité. D’autres expérimentations plus récentes ont aussi mis en évidence l’intérêt de décaler les 2 apports de 15 – 20 jours. 
Deux stratégies à adapter selon les situations.

L’essentiel

La stratégie de fractionnement en trois apports est intéressante dans les situations où la dose totale nécessaire dépasse 150 kg/ha et peut être fractionnée en 3 apports d’au moins 40 kg N/ha, c’est le cas des sols avec une faible fourniture d’azote et des potentiels de rendements corrects.

Dans les cas où la dose totale calculée est inférieure, une stratégie avec deux apports décalés de 15 jours se révèle tout aussi adaptée et ne présente pas en sols profonds, plus de risques face aux sécheresses de printemps susceptibles de retarder l’absorption d’azote.

Le plus souvent, l’azote est apporté en deux fois, avec une dose totale calculée selon la méthode du bilan : un premier apport a lieu début tallage à hauteur de 50 kg/ha, complété par un second au stade épi 1 cm.

ARVALIS conduit depuis la fin des années 80, des essais visant à optimiser le fractionnement de la fumure azotée sur orge d’hiver. Compte tenu de la destination brassicole d’une partie des orges d’hiver, ces modalités optimisées doivent également permettre de satisfaire les objectifs de teneur en protéines, d’où l’étude du fractionnement de l’azote en trois apports.

Fractionnement en 3 apports

La première série d’essais a été réalisée entre 1994 et 2001 sur des variétés d’orge d’hiver et d’escourgeon brassicole dans des contextes céréaliers (principalement sur sols argilo-calcaires).
Elle a permis de tester l’impact d’un fractionnement en trois apports, avec une même dose que la stratégie en deux fois : le troisième apport, de 40 U, étant positionné aux stades 1 ou 2 nœuds.

Quel que soit le stade du 3ème apport, le rendement augmente en moyenne de 4,6 q/ha.
Ce gain de rendement s’explique par une meilleure absorption de l’azote ou une meilleure efficience de l’azote absorbé selon les essais. Côté taux de protéines, le gain s’avère significatif en positionnant l’apport au stade 2 nœuds (en moyenne de + 0,3 points), sans toutefois dépasser la norme commerciale de 11,5%.

Pour des doses d’azote inférieures à la dose optimale, le gain de rendement avec un troisième apport au stade 1 nœud est encore meilleur, + 6 q/ha en moyenne ; les gains sont moindres quand l’azote est non limitant : +2,3 q/ha.


Avantage au fractionnement de l'azote en 3 apports

fractionnement azote 400

 Cliquez sur l'image pour l'agrandir


Le graphique ci-dessus illustre la comparaison des rendements obtenus à des doses inférieures à la dose optimale, entre une stratégie en deux apports avant fin tallage et trois apports dont le dernier est effectué au stade 1 nœud


Décalage des 2 apports de 15 à 20 jours

De 2008 à 2010, la seconde série d’essais a été conduite sur orge fourragère, en Bretagne et Normandie, dans des sols de limon profond. Dans une stratégie à deux apports, les résultats ont montré un gain de rendement moyen de 4 q/ha en retardant les 2 apports de 15/20 jours par rapport à la stratégie classique, le premier étant positionné à plein tallage, le second au stade 1-2 nœuds. Le taux de protéines augmente également, tout en restant inférieur à 11,5%.
Comme pour le fractionnement en 3 apports le gain de rendement provient d’une meilleure efficience de l’azote apport par l’engrais.


Décaler les 2 apports pour une meilleure efficience

comparaison rendements 400

Cliquez sur l'image pour l'agrandir


Le graphique ci-dessus illustre la comparaison des rendements obtenus, à différentes doses, entre une stratégie en deux apports avant fin tallage et deux apports retardés à plein tallage puis 1 ou 2 noeuds de l’orge


Le décalage des apports vers la montaison peut aussi contribuer à réduire le risque de verse. Par contre, en année sèche courant montaison, l’absence de pluies peut retarder l’absorption d’azote et entrainer l’apparition de carence à des stades sensibles.
Ce phénomène climatique a d’ailleurs été observé en 2010 lors du second apport au stade 1-2 nœuds, sans toutefois annuler les bénéfices de la stratégie d’apports décalés, en raison probablement des sols limoneux bien fournis en eau et en azote qui ont permis de maintenir le potentiel de rendement et où des pluies tardives ont pu être valorisées.

Fertilisation du blé tendre


Fractionner l'azote en trois apports

Afin de suivre au plus près les besoins azotés du blé tout au long de son cycle, il est conseillé de fractionner l'azote en trois apports. Le premier est apporté au stade tallage, le second au stade épi 1 cm, et le dernier entre le stade 2 noeuds et le stade gonflement.

ble2 180

Le raisonnement de la fertilisation azotée du blé doit intégrer trois critères :

  • la dose totale
  • le fractionnement
  • la forme de l’engrais

La dose totale à apporter est calculée selon la méthode du bilan. Elle correspond à la différence entre les besoins de la plante et les fournitures du sol en azote. Ces fournitures comprennent principalement le reliquat d’azote en sortie d’hiver (RSH), la minéralisation des résidus du précédent, les arrière-effets des effluents, et la minéralisation de l’humus du sol. Le besoin total en azote se calcule à partir de l’objectif de rendement et du besoin unitaire du blé en azote qui varie selon les variétés. Il se situe en moyenne autour de 3 kg par quintal produit.


Calculer la dose d'azote prévisionnelle selon la méthode du bilan

dose azote prev 530

Cliquez sur l'image pour l'agrandir

La cinétique d’absorption du blé en azote est loin d’être linéaire. Faible en début de cycle, les besoins en azote augmentent sensiblement à partir de la montaison pour atteindre un pic entre le stade « 2 noeuds » et le stade « floraison ». Par conséquent, l’intérêt du fractionnement de l’azote est manifeste. Il permet de suivre au plus près les besoins en azote du blé tout au long de son cycle. Les experts s’accordent pour dire que le fractionnement en trois apports est la stratégie la plus efficace pour viser à la fois des hauts rendements et des fortes teneurs en protéines.


Apporter l'azote au plus proche des besoins du blé

apporter azote ble 530

Cliquez sur l'image pour l'agrandir


Maintenir l’alimentation azotée du blé jusqu’à début montaison

Le premier apport est généralement effectué au stade « tallage » ce qui correspond dans la plupart des régions à la sortie de l’hiver. Il se limite généralement à 40 kg N/ha car les besoins du blé en sortie d’hiver sont assez faibles. Cet apport permet de maintenir l’alimentation azotée de la culture jusqu’au moment du 2ème apport.
Il peut néanmoins être retardé, voire annulé, si les fournitures d’azote sont suffisantes.
Attention, l’apport d’azote au tallage ne compense en aucun cas un défaut de plantes ou déficit du nombre de talles liés à de mauvaises conditions de semis.

Satisfaire les besoins élevés du blé courant montaison

Le deuxième apport d'azote doit être positionné juste avant début montaison, phase durant laquelle la production de biomasse est la plus importante. La plante absorbe alors une importante quantité d’azote. Entre le stade 2 noeuds et le gonflement, le blé peut absorber jusqu’à 7 kg d’azote par hectare et par jour ! Le 2ème apport est donc le plus conséquent. Toutefois, il peut être fractionné en 2 apports courant mars – début avril, afin de limiter les risques de mauvaise efficacité en cas de conditions sèches.
Pour déterminer la dose à apporter il faut soustraire à la dose totale la quantité d’azote apportée au stade tallage et la dose d’azote réservée pour le 3ème apport ou le pilotage.

Assurer une teneur en protéines des grains élevée

Enfin, le dernier apport est réalisé généralement entre le stade 2 noeuds et le stade gonflement. Il a deux objectifs, l’un est de poursuivre l’alimentation et la production de grains du blé, l’autre est d’augmenter la teneur en protéines des grains.
Un apport de l’ordre de 40 à 80 unités améliore la teneur en protéine des grains de 0,3 à 0,5%. Ce 3ème apport se révèle être très efficace car il intervient après la régression des talles inutiles.
Le transfert d’azote vers les feuilles du haut, les épis, puis les grains est plus rapide.

Fertilisation des céréales d'hiver


La solution azotée plus sensible à la volatilisation que les autres formes d'engrais

Trois formes majeures d’engrais azotés sont disponibles sur le marché français :

  • l’ammonitrate
  • l’urée
  • la solution azotée

Si la dernière forme est plus économique, elle affiche de moins bonnes performances que les deux premières, car elle est plus sensible aux pertes d’azote par volatilisation.

Chaque forme d’engrais présente des caractéristiques qui lui sont propres, en particulier la formulation, liquide ou solide, et la forme majoritaire d’azote qu’il contient.

L’ammonitrate 27% ou 33,5% distribué sous forme de granulés demeure la forme d’engrais la plus sûre. En effet, il est beaucoup moins sensible à la volatilisation que la solution azotée et l’urée. Cependant, l'ammonitrate est un peu plus cher que les deux autres formes d'engrais.

La solution azotée, un engrais bon marché mais sensible à la volatilisation

La solution azotée est la forme d’engrais la plus économique du marché.
De plus, l’apport par pulvérisation en jets filets assure une précision un peu meilleure que l’épandage d’engrais sous forme solide. Cependant, sur céréales à paille d’hiver, la volatilisation malheureusement aléatoire, liée au climat, conduit à conseiller de majorer de 10% en sols non calcaires et de 15% en sols calcaires la dose d’azote par rapport aux formes solides, pour compenser cette perte et limiter le risque économique pour l’agriculteur. Ces chiffres correspondent à la plus petite majoration permettant de gommer l'écart de rendement moyen en essais. Cependant, pour combler la différence de teneurs en protéines également observée, la majoration doit être encore plus importante, de l'ordre de 18 % en sol non calcaire. Le risque de volatilisation augmente d’autant plus que le temps est chaud, sec, et venteux.


L’urée granulée affiche des performances voisines de celles de l’ammonitrate

Différents essais conduits par les expérimentateurs d’Arvalis ont mis en évidence une perte moyenne de 1,4q/ha avec l’urée solide par rapport à l’ammonitrate à niveau égal de fertilisation. Au vu du faible écart de rendement, les majorations de doses ne sont pas justifiées sur des stratégies d’apport d’urée granulée.


Veiller à la qualité physique de l’urée pour assurer une régularité de l’épandage

Si la qualité physique des urées s’est nettement améliorée ces dernières années, certaines présentent des défauts comme une granulométrie trop fine (granulés inférieurs à 2mm) ou irrégulière, ou encore une dureté assez faible. Or, ces défauts nuisent à la bonne régularité de l’épandage de l’engrais. Il convient donc d’être prudent lors du choix des urées, en particulier pour des épandages supérieurs ou égaux à 24m.

Des pénalités sur les protéines avec l’urée au 3ème apport

L’urée granulée peut aussi être apportée courant montaison. Comme pour les apports plus précoces, elle présent la même performance que l’ammonitrate sur le rendement, mais pénalise un peu la teneur en protéines des blés. C’est sa sensibilité à la volatilisation, certes moindre que la solution azotée, qui explique cette légère moins bonne efficacité.

Enfin, d’une manière générale il ne faut pas anticiper les dates d’apport de l’urée.
En effet, dans nos conditions de culture, la transformation de l’urée en azote ammoniacal est relativement rapide, de l’ordre de la semaine.

 

Source : ARVALIS - Institut du végétal

 

forum 40 vf

 

Source : http://www.abc-eleveurs.net/cultures/dossiers/390-la-fertilisation-de-l-orge-d-hiver-du-ble-tendre-et-des-cereales-d-hiver

Rejoignez-nous !

Les articles, les jeux concours, les paroles d'éleveurs sont en direct sur

Facebook Twitter Google+

Newsletters ABC

Chaque mois, recevez gratuitement les meilleurs articles sélectionnés par les éleveurs, selon votre filière.

Tentés ?
Regardez les dernières newsletters