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Diagnostiquer avec certitude l’entérotoxémie bovine

Lectures : 696929 décembre 2016

L’entérotoxémie est un syndrome aigu caractérisé par la résorption de toxins produites au niveau intestinal. Des études épidémiologiques ont été mises en place pour pouvoir diagnostiquer correctement cette affection.

vache enterotoxemie

Lors d’entérotoxémie, on note une multiplication intense de toute la folore intestinale (coliformes, entérocoques…) et pas uniquement des clostridies. On rappelle que Clostridium perfringens est retrouvé surtout chez les ruminants. C.perfringens peut se diviser toutes les 10 minutes. On passe ainsi en une heure de 10 000 C.perfringens par ml de contenu intestinal à plus de 10 millions, ce qui explique la rapidité de la mort lors de cas suraigu.

C.perfringens est une bactérie anaérobie Gram +, ubiquiste et cosmopolite, qui a la capacité de sporuler. Elle produit une vingtaine de toxines différentes plus ou moins agressives. Quatre sont à retenir pour leur effet létal à faible concentration : les toxines α,β1, ι,  ε. On peut établir les toxinotypes d’une entérotoxémie. Par exemple, le toxinotype A implique la toxine α, alors que le toxinotype D implique essentiellement la toxine ε.

Diagnostic clinique

Dans 55% des cas, l’animal est mort ou comateux. On peut retrouver d’autres symptômes tels qu’un syndrome abdomen aigu, des muqueuses anormales et, plus rarement, une diarrhée hémolytique ou du météorisme et des troubles nerveux.

L’espérance de vie d’un veau en entérotoxémie est faible, de l’ordre de 2 heures 30, voire 7 heures lorsque l’animal reçoit un traitement adapté. Ces chiffres montrent la rapidité de l’intoxination.  

La douleur abdominale est le plus souvent généralisée. On peut se servir de cette observation pour différencier l’entérotoxémie des ulcères de caillette ou des torsions, pour lesquelles la douleur abdominale est souvent plus localisée.

Le diagnostic clinique n’est pas aisé. Il faut penser à une entérotoxémie lorsqu’on est face à un animal avec un syndrome d’abdomen aigu, d’évolution rapide avec des signes d’intoxination.

Diagnostic bactériologique

Le diagnostic bactériologique pour Clostridium perfringens est lourd. L’examen des frottis n’est pas significatif et ne permet pas de corréler la présence de C.perfringens à l’entérotoxémie.

Une technique fiable a été étudiée. Il s’agit du dénombrement des clostridies dans l’intestin d’un veau mis en culture. On retrouve environ 1034 Clostridium /ml chez les témoins, contre 1010 Clostridium /ml chez les veaux atteints d’entérotoxémie.  

Un seuil de 106 Clostridium /ml a été fixé pour noter la limite à partir de laquelle on considère l’animal en entérotoxémie (ce seuil peut passer à 105 Clostridium /ml suivant la bibliographie).

Plusieurs facteurs de risque

La connaissance des facteurs de risque de l’entérotoxémie permet de préciser le diagnostic de la maladie et de l’affiner. Ce qui permet par la suite de mettre en place un plan de prévention.

Tous les ruminants peuvent être atteints, même si on remarque un tropisme pour les races à viande et les bêtes de bonne conformation.

On retrouve également des cas à tous les âges mais c’est entre 2 et 5 mois que se situe la période à risque. Les facteurs de risque peuvent se retrouver dans la conduite d’élevage.

Les animaux qui boivent le matin et le soir seraient moins atteints que ceux ayant accès à la buvée à volonté. Cette observation est étonnante si on considère que la multiplication de la flore intestinale fait suite à des modifications brutales de l’alimentation.

Augmenter les fibres

Les lactoremplaceurs sont également des facteurs de risque. De même que la mise en pâture qui apporte de l’herbe riche en protéines solubles. Ceci couplé à un abreuvement insuffisant entraîne bien souvent une entérotoxémie.

Dans des élevages présentant ces facteurs de risque, il faut absolument augmenter les fibres (sous forme de céréales écrasées par exemple) et augmenter le nombre de points d’eau. Un veau sans eau se rabat sur le lait qui lui apporte trop de protéines. Le stress semble être un facteur de risque important, même s’il est impossible de le prouver scientifiquement. La manipulation des animaux dans le calme, un espace suffisant aux logettes et à l’alimentation diminuent le stress des animaux et le risque d’entérotoxémie.

Pour tout savoir sur l'entérotoxémie consultez notre autre dossier : Clostridioses et entérotoxémie.

Source : extraits de l’article : Manteca Christophe «_Diagnostiquer avec certitude l’entérotoxémie bovine_», la Dep Vet n°1144 du 19 au 25 nov 2011.

Source : http://www.abc-eleveurs.net/elevages/dossiers/1029-diagnostiquer-avec-certitude-l-enterotoxemie-bovine

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