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L’autonomie en protéines ? Réfléchissons-y

Lectures : 365630 juin 2014

Face aux fortes variations des cours mondiaux qui ont un impact direct sur les cours des protéines et des compléments azotés, de plus en plus d’éleveurs aspirent à plus d’autonomie en protéines pour sécuriser leurs systèmes et diminuer leurs coûts de ration.

proteine 530

En produisant eux-mêmes les ressources protéiques, les éleveurs peuvent garantir l’origine et la traçabilité des produits, ce qui est un élément important pour les filières spécialisées ou pour les produits à haute valeur ajoutée.

L’utilisation des légumineuses prairiales et de certaines graminées peut en partie répondre à ces attentes et limiter les achats de soja ou de concentrés azotés. Mais avant de se lancer, il faut étudier son système, réfléchir à ses besoins en fonction notamment des animaux, identifier les espèces adaptées au contexte de l’exploitation et prendre en compte les modifications sur l’organisation du travail. Il est également indispensable de bien valoriser l’existant en adaptant ses pratiques et en récoltant au bon stade ; la technicité est alors de mise.

Source : Gnis

Voici une nouvelle série de dossiers à suivre sur abc-éleveurs :

L’autonomie, une mode à tailler sur mesure

Dans le Nord de la France, comme dans de nombreuses régions, l’autonomie en protéine est au cœur des réflexions, car les besoins protéiques sont énormes en élevage laitier avec un aspect économique important, puisque l’achat de tourteaux azotés représente près des 2/3 du coût de concentré (avec plus de 1 000 kg /VL/an).

Nicolas MARECHAL et Guillaume CREPEL du réseau « Conseil Elevage » du Nord font part ici de leur réflexion, et de la nécessité de bien analyser les différentes voies d’autonomie possibles.

art2

Selon eux, l’engouement actuel est tellement fort sur le sujet de l’autonomie protéique que le risque est de tomber dans un effet de « mode » abolissant toute réflexion et toute prudence.

Avant de se lancer, il convient d’explorer toutes les possibilités et d’en mesurer les conséquences. En la matière, ils distinguent 2 voies principales : la voie « Concentré » et la voie « Fourrages ».

La voie « Concentré », une voie sans bouleversement profond

Il s’agit d’implanter une culture qui fournira un produit destiné à se substituer aux tourteaux azotés. Les plus connues sont le pois protéagineux, le lupin, la féverole... Cette voie présente l’avantage de ne pas trop bouleverser le système fourrager de l’exploitation. Par contre, les limites techniques - quantité distribuée trop importante, excès d’amidon dans la ration - liées à une trop faible valeur azotée rendent cette solution délicate à utiliser.

De plus le manque de température et d’ensoleillement de la région Nord induit un rendement et des valeurs alimentaires plus faibles, ce qui en limite l’intérêt économique. Le progrès génétique de ces cultures les rendra probablement plus attractives dans les années à venir.

Une préférence pour la voie « Fourrages »

Elle a la préférence de Nicolas MARECHAL et de Guillaume CREPEL. « Cette solution consiste à substituer un autre fourrage plus riche en protéines à l’ensilage de maïs. Dans la pratique nous observons 2 positions : ceux qui essayent de mieux valoriser les surfaces en place, quitte à intensifier (ensilage d’herbe sur les prairies permanentes par exemple) et ceux qui implantent de nouveaux couverts, soit de manière semi-pérenne (exemple : luzerne, ray-grass hybride et trèfle violet), soit en interculture (exemple : mélange complexe de céréales et protéagineux, ray-grass italien et trèfle d’Alexandrie). La voie « fourrages » paraît de loin être la plus adaptée à notre contexte du fait des quantités importantes de protéines qui peuvent être produites sur un hectare. Elle permet également d’améliorer l’hygiène de la ration pour ceux qui nourrissent principalement avec de l’ensilage de maïs ».

Au-delà de l’intérêt économique, les deux conseillers ajoutent qu’il ne faut pas négliger les conséquences de ces 2 voies sur l’organisation du travail (chantiers de récolte différents), sur le changement d’emblavement (cultures de vente diminuées, manque de paille,...), sur l’équipement en matériel à prévoir et la nécessité d’infrastructures supplémentaires (matériel de fenaison, silo, cellules de stockage,…). Il faut également prendre en compte les conséquences sur les performances du troupeau.

Visitez le site herbe-actifs.org pour lire plus d'articles sur la valeur alimentaire et la valeur énergétique des rations.

Equilibre protéines / énergie, la base de la ration

Les besoins alimentaires des animaux doivent être couverts par la ration quotidienne qui apporte sous différentes formes de l’énergie, des protéines et des minéraux. Tous ces éléments sont contenus dans un volume limité par la capacité d’ingestion qui est fonction de l’animal, de sa race et de son stade physiologique.

Plus un fourrage est encombrant (riche en lignine et en cellulose brute), plus le fourrage est appauvri, et moins l’animal en consomme en quantité. La part d’énergie et de protéines consommée par l’animal est alors réduite. La ration est donc à ajuster en fonction des besoins du troupeau et de la qualité du fourrage.

Les besoins alimentaires des animaux sont de deux ordres

  • les besoins d’entretien, pour assurer le métabolisme de base (conservation de l’organisme, survie) etconserver la masse corporelle en quantité et en qualité. Cela intègre les dépenses pour l’ingestion et la digestion des rations ;

  • les besoins de production, qui correspondent soit aux dépenses nécessaires à la fixation de masse corporelle pour un animal qui gagne du poids, soit à la conception et au développement du fœtus puis à la lactation pour une femelle au cours de son cycle de production.

Les protéines ne se stockent pas dans l’organisme ; la ration journalière doit donc en apporter une quantité suffisante pour couvrir les besoins quotidiens. En cas d’excès, le surplus est rejeté dans les urines. Pour parler des besoins protéiques d’un animal on parle simplement de PDI, alors que pour la valeur d’un fourrage il faut distinguer PDIN et PDIE.

Animaux Poids animal Stade physiologique Besoins en PDI (gr/jour)
Vache laitière 650 kg Entretien 420
Production de 40 kg de lait/jour 1875
Vache allaitante
(type charolaise)
650 kg Début allaitement 800
Fin de gestation 545
Brebis 60 kg Entretien 54
2 semaines avant agnelage 132

Ce tableau met en évidence les différences de besoins qui existent entre les animaux, mais aussi à l’intérieur même d’un troupeau en fonction des besoins à un instant donné. Si les concentrés s’avèrent souvent indispensables pour combler les besoins importants, une ration de base avec des fourrages apportant au moins 100 g PDI/UFL permet d’alimenter le troupeau à certaines périodes de l’année sans ajouts de concentrés ; la condition étant de bien choisir les sources de protéines et d’exploiter les plantes au bon stade.

Visitez le site herbe-actifs.org pour lire plus d'articles sur la valeur alimentaire et la valeur énergétique des rations.

Equilibre protéines / énergie : équilibrer la ration

On ne peut pas parler de protéines sans tenir compte de l’énergie de la ration, car un apport de PDIE pouvant couvrir les besoins des animaux est inutile s’il n’y a pas d’énergie dans la ration pour valoriser ces protéines . Le rapport entre protéines et énergie est donc primordial.

Pour les vaches laitières, quel que soit le niveau de production (entre 10 et 50 kg de lait par jour), il faut une ration équilibrée à 100 g de PDIE/UFL (cibler la plage 97-103).
En théorie il faut viser un rapport (PDIN-PDIE)/UFL égal ou supérieur à 0 pour que l’azote dégradable ne soit pas limitant, ce qui favorise le bon fonctionnement du rumen. On admet en pratique pour les vaches laitières que ce rapport ne doit pas accuser un déficit de plus de 4 g/UFL, car les vaches mastiquent et salivent beaucoup, et l'urée corporelle ainsi recyclée par la salive suffit à rééquilibrer le contenu du rumen. Pour couvrir les besoins des animaux (cf. Equilibre protéines/énergie, la base de la ration) et pour le bon fonctionnement du rumen il faut que la ration apporte :

Aliment Valeur UFL
en UF/kg
Valeur PDIN
en g/kg MS
Valeur PDIE
en g/kg MS
Rapport PDIE/UFL
(viser 100 g)
Rapport (PDIN-PDIE)/UFL
(viser >
-4 g/UFL)
Ensilage maïs hachage
fin sans conservateurs
stade laiteux-pâteux
0,9 44 63 70 - 21
Tourteaux soja 46 1,2 360 253 211 89
RGA vert 1 semaine
avant épiaison
0,98 99 92 94 7
Dactyle vert 1 semaine
avant épiaison
0,91 124 93 102 34
Foin luzerne fané au
1° cycle stade
bourgeonnement
0,67 114 91 135 34

On constate dans ce tableau qu’une ration à base de maïs ensilage doit obligatoirement être complétée avec un concentré azoté type tourteaux de soja 46 pour remonter le rapport PDIE/UFL au niveau de 100 g de PDIE/UFL et pour avoir un rapport (PDIN-PDIE)/UFL > - 4 g.

Une ration exclusive en maïs engendre donc un déficit très important en protéines. En revanche, une ration à base de fourrage vert comme le RGA ou le dactyle en pâturage est naturellement équilibrée ; il n’est donc généralement pas nécessaire de la rééquilibrer.

Visitez le site herbe-actifs.org pour lire plus d'articles sur la valeur alimentaire et la valeur énergétique des rations.

Dactyle + luzerne : une association riche en protéine

3 facteurs principaux déterminent la teneur en protéines d’une plante prairiale

L’espèce : pour les différentes espèces fourragères et pour un stade identique, les valeurs peuvent varier du simple au double. L’intégration de légumineuses prairiales dans la ration a incontestablement un réel impact sur la valeur protéique du fourrage.

La variété : chez certaines espèces comme la luzerne la teneur en protéines est un critère de sélection. Au sein des autres espèces il y a aussi des corrélations positives avec d’autres critères de sélection, comme la souplesse des feuilles pour les fétuques, la diminution de la remontaison des épis pour les ray-grass anglais... La tolérance aux maladies aura également un impact très fort sur les qualités alimentaires des plantes.

Le stade physiologique : la teneur en protéines des fourrages est élevée au stade feuillu de la plante puis diminue au cours de la croissance notamment par effet de dilution. L’azote dégradable, par définition facilement accessible, est caractérisé par la valeur PDIN des fourrages. Au cours du cycle de végétation des graminées, le rapport feuille sur tige régresse entrainant ainsi une diminution de l’azote disponible dans la plante.

Avec cet exemple sur le dactyle (voir tableau ci-dessous), on observe qu’entre stades physiologiques les écarts de teneurs en azote peuvent atteindre 60% pour les PDIN et 30 % pour les PDIE.

Valeur du dactyle en fourrage vert PDIN PDIE
stade feuillu 158 100
Epi 10 cm 135 95
1 semaine avant début épiaison 124 93
Début épiaison 102 88
Epiaison 92 85
Fin épiaison 77 79
Floraison 63 70
Amplitude 95 30
Ecart de valeur en % 60 % 30 %


Le choix du stade d’exploitation permet de trouver un compromis entre teneur en azote du fourrage et rendement de la prairie

Supérieur à la valeur PDIE dans un premier temps, les PDIN diminuent ensuite plus rapidement que les PDIE ; l’azote dégradable est principalement présent dans les feuilles. Jusqu’au stade épiaison la valeur PDIE reste inférieure à la valeur PDIN, ce qui permet à l’herbe de produire un fourrage équilibré durant une grande partie de son exploitation. Durant cette période l’azote dégradable n’est pas limitant, ce qui favorise le bon fonctionnement du rumen.

Outre la mise en évidence de la différence d’évolution entre les valeurs PDIN et PDIE au cours du cycle de la plante, les graphiques ci-dessous montrent l’impact du mode de récolte sur la teneur en protéines du fourrage. Pour les PDIN, plus le temps de séchage est long moins bonne est la valeur. En revanche pour les PDIE, on constate que c’est l’ensilage à 33 % de MS qui pénalise le plus la valeur. Ceci est dû au fait que les fermentations lactiques consomment les sucres mais aussi certaines protéines. Pour l’enrubannage, les fermentations lactiques sont moindres que pour l’ensilage donc l’impact sur la teneur en PDIE est plus faible.

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Visitez le site herbe-actifs.org pour lire plus d'articles sur la luzerne ou sur les légumineuses.

Produire des protéines sur les prairies

proteine prairie 530

Savoir valoriser l’existant

Pour produire des protéines sur les prairies, il faut en premier lieu valoriser l’existant avant de chambouler l’assolement et l’organisation du travail. Pour cela :
Récolter au bon stade. Plus on récolte tôt, meilleure est la valeur, mais au détriment du rendement.
Le compromis entre rendement et qualité se situe généralement entre les stades « épi 10 cm » et « début épiaison ». La valeur protéique évolue différemment pour une même plante à un stade donné si la plante est consommée en pâturage, ensilée à 33% d’humidité, enrubannée à 55% ou si elle est fanée en bonne ou mauvaise condition.

Les rythmes d’exploitation rapide permettent de valoriser la qualité des jeunes pousses. Plus le rythme est rapide plus l’herbe est riche en protéines. Par exemple, on gagne 20 points de PDIN et 7 points de PDIE sur des repousses de RGA de 4 semaines par rapport à des repousses de 6 semaines. De la même manière, on constate que les variétés plus souples d’exploitation « ralentissent » l’évolution du fourrage, ce qui laisse plus de souplesse à l’éleveur pour récolter un fourrage de bonne valeur.

L’optimisation du pâturage permet de diminuer le coût de la ration et d’éviter les pertes de qualité dues à l’évolution des fourrages pendant la dessiccation.
Le choix des variétés récentes lors du renouvellement des prairies permet de bénéficier du progrès génétique et de sécuriser l’approvisionnement en fourrage de qualité.

Quelle fertilisation azotée ?

Raisonner la fertilisation azotée est nécessaire pour respecter l’équilibre protéines/énergie indispensable à la performance de l’animal et au bon fonctionnement du rumen. La fertilisation azotée a une influence sur la valeur alimentaire de l’herbe. L’apport d’azote entraine une baisse du taux de matière sèche par l’augmentation de la teneur en eau, une hausse de la MAT et une modeste amélioration de la digestibilité.
En absence de fertilisation azotée, la teneur en MAT de l'herbe dépend d'abord et surtout de la fourniture d'azote par le sol, et plus localement, de la restitution d'azote par les déjections des animaux.

L'augmentation de la teneur en MAT de l'herbe sous l'effet de la fertilisation azotée s'accompagne d'une baisse de la part d'azote protéique au profit de l'azote non protéique, qui s'accumule dans la plante sous forme de nitrate. Les sucres solubles quant à eux voient leur teneur baisser dans la plante avec l’augmentation de la fertilisation.
Alors que la valeur des PDIE varie peu sous l’effet de la fertilisation azotée, celle des PDIN y est très sensible. Cela peut devenir un facteur limitant et être préjudiciable, car en cas d’excès l’équilibre des rapports protéines/énergie est perturbé et la digestion microbienne est moins efficace.

En résumé

  • une trop forte fertilisation nuit à l’équilibre entre PDIN et PDIE, qui est indispensable à la flore microbienne, tout en diminuant la quantité de fourrage ingéré (l’augmentation de la richesse en eau limite les quantités ingérées) ;

  • une fertilisation insuffisante induit des chutes d'ingestion, conséquence d'une digestion microbienne moins efficace ou d'un niveau d'apport PDI insuffisant. Pour conserver les performances des animaux il faut alors diminuer le chargement dans les parcelles.

Visitez le site herbe-actifs.org pour lire plus d'articles sur les stades de récolte pour obtenir une meilleure qualité de fourrage.

Pour des fourrages de qualité

Conseiller élevage à l’EDE du Gers (Etablissement Départemental de l’Elevage), Joël ABADIE insiste sur la qualité des fourrages afin de diminuer les achats de concentrés. La récolte de l’herbe au bon stade est déterminante et se traduit par des économies importantes sur le poste d’achat d’aliments.

fourrage qualite 530


« Sur le terrain, les achats de concentrés azotés font réfléchir bon nombre d’éleveurs. Ils cherchent tous, par différents moyens, à diminuer ces charges qui peuvent s’avérer, dans certains cas, lourdes à supporter. Le premier réflexe est de penser aux légumineuses, mais il y a d’autres voies, dont celle de valoriser les fourrages existants, notamment en récoltant au stade optimum. On cherche dans ce cas la qualité plutôt que le rendement. J’explique souvent que moins la ration de base s’approche de la couverture des besoins des animaux, plus le coût de cette ration augmente.

Lorsque l’on attend pour récolter plus, le coût de la complémentation azotée augmente inévitablement, qu’il y ait ou non des légumineuses dans la ration.
Le stade de récolte est donc un élément prépondérant pour la qualité des fourrages, il faut, dès lors, exploiter de l’herbe jeune, qu’il s’agisse de pâturage ou de fauche. Pourtant, sur le moment, les éleveurs ont souvent le sentiment d’y perdre à cause des rendements qui sont inférieurs ; mais les marges de progrès liées au système fourrager deviennent très importantes dès que l’on travaille à l’optimisation de ce stade de récolte. La qualité de l’herbe détermine le coût de la ration, car la valeur du fourrage conditionne la complémentation qui s’avère de plus en plus chère dans les dernières années ».

Récolter tôt : de la qualité et aussi de meilleures repousses

Récolter tôt par rapport à un stade plus avancé a pour résultat un stock certes plus faible en quantité, mais de qualité nettement supérieure ; une complémentation pas forcément nécessaire ; une repousse favorisée de la prairie.
Au contraire, une récolte tardive entraîne une repousse de la prairie limitée après l’ensilage, avec les risques de mobiliser les stocks plus tôt.
Par ailleurs, ce serait une erreur de faire l’impasse sur la complémentation, car la production de lait des mères serait divisée par deux avec des retours en chaleur plus hasardeux.
Enfin, dans tous les cas, et quelle que soit la production, pour éviter les mauvaises surprises avant l’hiver il convient :

  • d'effectuer un bilan fourrager qui permettra d’évaluer les ressources ;
  • de réaliser une analyse de fourrage qui sera très vite amortie, afin de proposer des rations efficaces, ajustées si nécessaire avec une complémentation adaptée.

Visitez le site herbe-actifs.org pour lire plus d'articles sur les stades de récolte pour obtenir une meilleure qualité de fourrage.

Source : http://www.abc-eleveurs.net/elevages/dossiers/341-l-autonomie-en-proteines-reflechissons-y

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