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Prairies et maïs : nous avons trouvé la parfaite complémentarité...

Lectures : 52929 mars 2017

GAEC 500


Au Gaec de Ker-Even, dans les Côtes d’Armor, les 145 vaches pâturent au minimum 9 mois par an.

Prairies et maïs composent le parcellaire en parfaite harmonie, pour un résultat économique très satisfaisant. L’implantation de cultures dérobées, après l’orge, contribuent aussi à ces résultats très positifs.

Un même leitmotiv unit les associés du GAEC de Ker-Even depuis deux générations : priorité au pâturage.

Et pourtant, pas question de choisir entre les prairies et le maïs. « Chaque espèce a trouvé sa place dans la rotation et… dans la ration : le tout, en parfaite complémentarité », explique l’un des trois membres du GAEC. Dans la région, l’eau n’est pas un facteur limitant. La pluviométrie oscille chaque année entre 1000 et 1100 mm et la réserve des sols atteint 40 mm.

« Le potentiel de pousse d’herbe est très correct : 6 tonnes de MS/ha en moyenne avec, dans les bonnes terres, des pointes à 10 tonnes, précise-t-il. Même si le rendement du maïs ensilage atteint pour sa part près de 13 t de MS, jamais nous n’avons pensé opter pour le tout maïs : je préfère voir pâturer mes bêtes plutôt que d’enchainer des heures de tracteur ».

A chaque vache son régime

Toute l’exploitation a ainsi été repensée pour optimiser la pâture : de 9 à 11 mois par an selon les animaux.

« Tout un réseau de chemins et de haies a été redessiné. Le jonglage entre les parcelles est permanent, dicté par la météo. Autour de la ferme, 100 ha sont accessibles au pâturage ce qui, au final, crée une grande souplesse de gestion ».

Les génisses confirmées pleines sont mises à l’herbe très tôt, dès le début du mois de janvier, si la météo le permet. Elles profitent ainsi du ray-grass italien, semé en dérobé après l’orge. Les vaches laitières sont quant à elles mises à l’herbe début mars, sur ray-grass anglais, et pâtureront jusqu’au mois de décembre.

Les espèces implantées associent graminées et légumineuses : ray-grass anglais et trèfle blanc, ray-grass hybride et trèfle violet, ray-grass italien associée à 2 ou 4 trèfles. « Les RGI, implantés le plus tôt possible après la récolte de l’orge, dès le 20 juillet, disparaissent fin avril pour laisser la place au maïs. Sur 6 ha, nous réalisons de l’ensilage de RGI pur pour alimenter les vaches taries : la production est en moyenne de 4 t de MS/ha.

Les autres ray-grass sont quant à eux pâturés de mars à décembre. Les années où la pousse est exceptionnelle, 1 ou 2 ha peuvent être enrubannés ».

Tout au long de l’année, la ration des vaches est complémentées avec du maïs ensilage : de 3 à 15 kg par jour selon la pousse de l’herbe. « Je ne ferme jamais mon silo !
Associé à de la paille de blé, le maïs apporte en effet des fibres dont les animaux ont besoinAu final, c’est l’état de la parcelle qui dicte le niveau de complémentation ».

vaches GAEC 500

Plus 1 à 2 litres de lait par jour

Pour les associés du GAEC, la présence de cultures dérobées, riches en azote, est un réel atout. « Celles-ci nous permettent de réaliser un gain de production de 1 à 2 litres de lait par vache et par jour : le tout, en économisant quotidiennement près de 500 g de correcteurs azotés par vache.

L’intérêt économique d’une telle stratégie est réelle : nous l’avons d’ailleurs chiffré (cf encadré).

Pour optimiser le rendement de ces intercultures, il est capital de semer tôt. « Car pour le RGI par exemple, le facteur limitant est la durée du jour» précise-t-il.

Ainsi, entre une culture implantée le 20 juillet et une autre semée le 20 août, la différence de production est de 1 t de MS… pour des charges équivalentes !

Nous comptons augmenter notre sole de RGI : le blé va donc céder un peu d’hectares à l’orge afin d’implanter le plus tôt possible davantage de cultures dérobées. A terme, nous aimerions encore pouvoir gagner une semaine dans la date de semis de l’orge, pour anticiper de quelques jours la récolte et donc, le semis de dérobées ». Une façon bien entendu d’accroitre la partie azotée de la ration.

Et l’occasion pour lui de regretter que les apports d’azote soient limités par la réglementation. « Dans les zones vulnérables, les doses sont aujourd’hui réduites à 170 voire 140 kg/ha. Or, certaines parcelles ne sont pas assez nourries ! Un fait qui impacte directement sur la production de lait. Maintenir les intercultures dans la rotation, et en nourrir les animaux avec, reste pour nous un impératif pour limiter les achats de correcteurs, et donc assurer la rentabilité de notre exploitation ».

 

En chiffres

  • GAEC de Ker-Even, à Ploudaniel (22), créé en 1969 ; il compte trois associés.

  • Un atelier lait : 145 vaches pour un quota de 1,1 million litres de lait.

  • Un élevage porc hors-sol naisseur-engraisseur de 600 truies.

  • 130 ha de SAU : 42 ha de maïs, 17 à 19 ha de blé, 10 à 12 ha d’orge, 2 à 3 ha de betteraves fourragères (ajoutées à la ration en hiver quand les animaux sont nourris dans les bâtiments), 51 ha en prairies semées (RGI, RGA, RGH, TB et TV) et 5 ha de prairies permanentes.

Source: Gnis

Source : http://www.abc-eleveurs.net/elevages/dossiers/571-prairies-et-mais-nous-avons-trouve-la-parfaite-complementarite

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