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Le troupeau est un patient à part entière

Lectures : 7188 mars 2017

troupeau patient entier 530

L'approche troupeau est plus efficace que l'approche individuelle des mammites, souvent réduite à des recettes de prévention et à la recherche de traitements individuels.

La vache atteinte de mammite présente des symptômes plus ou moins caractéristiques; selon que ces signes sont présents ou pas, la vache est, ou n'est pas, atteinte de mammite. On peut examiner une à une les vaches d'un troupeau et décider si elles sont ou pas affectées par la maladie.

Et recommencer tous les jours cet examen ; c'est un peu ce qui est réalisé lors de la traite (palpation de la mamelle, premiers jets). Cette attitude est presque suffisante pour les mammites cliniques ; elle l'est beaucoup moins pour les mammites subcliniques responsables de cellules.

Il est préférable de considérer le troupeau dans son ensemble. Comme on apprécie l'état des vaches en relevant des symptômes, on peut apprécier le fonctionnement du troupeau par l'observation d'indicateurs sur un échantillon statistiquement significatif de vaches.

Cette observation est grandement facilitée par le développement des enregistrements dans le cahier sanitaire. C'est ce qu'on appelle la médecine de population ou de troupeau.

Pourquoi le troupeau est exposé à l'infection et résiste moins bien ?

Celle-ci convient particulièrement bien à la surveillance des mammites et des cellules, d'autant que la production est continue et le produit collectif (lait de mélange). Il s'agit de comprendre au travers des indicateurs dans quelles circonstances le troupeau est exposé à l'infection et pourquoi sa résistance à l'infection est amoindrie.

Ainsi, le trayon constitue la première ligne de défense de la mamelle. Si les trayons d'une vache sont abîmés, elle pourra à l'occasion faire une mammite (ou des cellules). Mais si, dans un troupeau de 80 vaches, plus de treize présentent des lésions hémorragiques sur les trayons, alors on peut être sûr à plus de 90 % qu'il convient de s'occuper d'urgence de la machine à traire (vide trop important, pulsateurs défectueux, manchons trop larges, surtraite).

Autre exemple: le tarissement est la période idéale pour guérir les infections mammaires persistantes à l'origine de concentrations cellulaires somatiques (CCS) élevées. On donne deux objectifs chiffrés au traitement hors lactation: guérir plus de 75 % des vaches infectées (qui tarissent avec une CCS supérieure à 300 000 cellules par ml et vêlent donc avec une CCS
inférieure à 300 000) et limiter les nouvelles infections à moins de 10% des vaches saines (situation inverse).

La médecine de troupeau n'est pas réservée qu'à quelques élevages

A l'échelle d'une vache, ces objectifs n'ont aucune signification; la vache est infectée, ou saine. En revanche, à l'échelle du troupeau et pour la qualité cellulaire du lait, le taux de guérison et le taux de nouvelles infections sont très instructifs. Ces taux ne signifient pas du tout la même chose selon que le troupeau héberge surtout des vaches saines ou beaucoup de vaches infectées.

Dans le premier cas, le taux de nouvelles infections est le bon indicateur d'un traitement performant; dans le second, c'est le taux de guérison hors lactation.

S'il est mauvais dans un troupeau avec 30 ou 40 % de vaches infectées, c'est que la pression de réforme est probablement insuffisante.

Le contrôle mensuel des performances est indispensable

La mise en place d'une véritable médecine de population est possible dans la plupart des élevages laitiers. L'adhésion à un service de contrôle mensuel des performances est absolument indispensable ; la production individuelle et les CCS, TB, TP, urée du lait sont des données sans lesquelles il est difficile d'analyser une situation. Les données relatives aux soins (mammites, tarissements) sont également nécessaires, ainsi que des données minimales de reproduction (état des animaux gestants).

Ensuite, de nouveaux indicateurs doivent être mis en place si nécessaire. Ces informations peuvent concerner l'ensemble des animaux, ou dans les grands troupeaux, un échantillon représentatif.

Les indicateurs de santé du troupeau laitier vont être distingués en :

  • Indicateurs généraux de santé : il n'est pas possible de faire du lait de qualité avec un troupeau en état de santé médiocre. Dans cette catégorie, on va placer des indicateurs alimentaires (réplétion du rumen, état des bouses, consommation de la ration, abreuvement), des indicateurs de confort (animaux couchés, propreté) et de santé de l'appareil locomoteur.
  • Indicateurs de santé mammaires : outre les critères déjà évoqués (prévalence et incidence des infections), il faut mettre en place des indicateurs de guérison (taux de guérison en lactation, au tarissement, taux mensuel de guérison), des indicateurs de morphologie mammaire (attache, équilibre) et de lésions des trayons (lésions typiques).

La mise en place d'un tableau de bord en collaboration avec le vétérinaire est une mesure salutaire pour la gestion sanitaire d'ateliers dont la taille devient importante.

Source : Panorama Presse Réussir Lait

Source : http://www.abc-eleveurs.net/elevages/dossiers/576-le-troupeau-est-un-patient-a-part-entiere

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