espace membre

Logo abc-éleveurs

www.abc-eleveurs.net

Attention aux ambiances chaudes et humides

Lectures : 71123 septembre 2016

Dans un bâtiment d'élevage, une ambiance chaude et humide entretient et favorise la multiplication microbienne. Un renouvellement de l'air inadapté et insuffisant est d'évidence un facteur de risque aggravant.

Un bovin en bonne santé présente une température moyenne de 38,5 °C. Il expectore sous forme de vapeur 8 litres d'eau par jour s'il pèse autour de 400 kilos. Cette quantité avoisine 15 à 20 litres pour un couple vache-veau. Dans une stabulation hébergeant cinquante femelles suitées, cela représente donc quelque 1000 litres d'eau par jour en fin de saison de vêlages. La ventilation doit donc être en mesure d'assainir l'atmosphère en permettant une évacuation suffisamment rapide de cette humidité. Et si toute cette eau est correctement évacuée, les autres éléments nocifs (ammoniac, poussières, agents infectieux...) le seront aussi. Une ambiance chaude et humide à l'intérieur d'un bâtiment d'élevage aggrave très nettement le risque d'apparition de pathologies respiratoires. Si on ne peut pas toujours avoir la stabulation idéale, ni la transformer de fond en comble, il y a parfois des moyens simples et peu coûteux pour améliorer la situation.

Visiter en présence des animaux car elle influence de nombreux paramètres

En présence d'affections respiratoires, la visite « bâtiment » est le complément incontournable des mesures thérapeutiques curatives (antibiothérapie...) ou prophylactiques (vaccination...). Elle a pour but de vérifier le respect des « normes » recommandées en termes d'ambiance (aération sans courants d'air, pas d'humidité ou de gaz toxiques) et de densité animale. L'efficacité du bâtiment ou son effet délétère doit être montré. Les fumigènes constituent une partie illustrative remarquable.

La visite doit être réalisée en présence des animaux. Il est tentant de procéder à la fin de la saison, quand on a du temps libre après que les lots aient été vendus ou remis à l'herbe. Mais de nombreux paramètres sont susceptibles d'être profondément modifiés par la présence des animaux (état des litières, humidité, flux d'air...). De nombreuses mesures doivent aussi pouvoir être prises en présence des bovins, de façon par exemple à déterminer quelles sont les zones qu'ils préfèrent ou évitent. Pour cette même raison, il vaut mieux ne pas effectuer de visite juste après les soins du matin quand les litières ont été paillées et les portes ouvertes pour aérer.

fumigenes 299

Pour comprendre la circulation de l'air, les fumigènes permettent une bonne visualisation. Mais if faut aussi savoir interpréter en prenant en compte les conditions climatiques du jour.

La visite «bâtiment» doit se doubler d'une visite «zootechnique»

La visite « bâtiment » a cependant ses limites. Les mesures correctives sont plus faciles à prendre quand il s'agit de diminuer les flux d'air entrant dans les bâtiments modernes (bardage, filets...) que quand il s'agit d'augmenter les flux sortants (faîtières, cheminées, voire ventilation dynamique). La gestion des flux d'air est souvent délicate à gérer dans les bâtiments « cathédrales » (profondeur supérieure à 15 m, hauteur supérieure à 7 m, distances entrée d'air-faîtage supérieures à 12 m). Le plus souvent, les affections respiratoires ont lieu au cours de la saison froide. Mais dans des bâtiments d'engraissement où il y a des animaux tout au long de l'année, on peut également être confronté à des difficultés en période chaude. Qui plus est, il existe des stabulations donnant satisfaction en hiver, mais dont l'ambiance est mauvaise à la belle saison.

La visite « bâtiment » doit se doubler d'une visite « zootechnique » s'intéressant aux flux d'animaux (allotements, provenance, regroupements, achats...) et aux plans d'alimentation (prise colostrale des veaux nouveau-nés, modalités du sevrage, gestions des transitions alimentaires). Cette visite « zootechnique » permet d'identifier les facteurs de risque propres à l'élevage. L'étape suivante consiste à proposer des mesures correctives réalisables, en nombre réduit pour des raisons psychologiques et économiques, avec un ordre de priorité.

recommandation idele 510

Cliquez sur l'image pour l'agrandir

L'appréciation des risques zootechniques et sanitaires reliés aux affections respiratoires se compose de l'appréciation du respect de mesures hygiéniques « classiques » : séparation des veaux des animaux plus âgés (groupes d'âge respectés); respect des vides sanitaires et des quarantaines ; conduite de l'élevage en lots voire en bande ; respect des transitions alimentaires ; transports de courte durée ; surveillance des animaux achetés à l'arrivée (poids, conformation, état général...), de leur abreuvement et de leur prise de nourriture; en élevage naisseur, qualité de la prise colostrale et du transfert d'immunité passive; en élevage naisseur, existence ou non d'un plan sanitaire de préparation à l'engraissement (vaccins, antiparasitaires...).

Attention aux surdensités

Les bovins ont besoin d'un minimum d'espace vital dans les bâtiments. Si les normes en usage ne sont pas respectées, cela accroît nettement le risque de voir apparaître des bronchopneumonies infectieuses enzootiques.
Deux études réalisées sur des veaux laitiers en station expérimentale et en engraissement de taurillons mettent en lumière le caractère exponentiel du risque respiratoire quand la densité animale augmente. Pour les veaux, augmenter la densité de 40 % multiplie par trois le nombre de malades et pour les taurillons, passer de 4,5 m2 par animal à 3,5 m2 multiplie par quatre la fréquence des maladies respiratoires. Lors de tout phénomène pathologique dans un élevage, le contrôle des surfaces disponibles par animal doit faire partie des premiers réflexes à avoir. La surpopulation ne peut se gérer efficacement que par un moindre chargement! Du moins, si on souhaite une amélioration durable de la situation.

surdensites 510

Source : Réussir viande

Source : http://www.abc-eleveurs.net/materiel/dossiers/2533-attention-aux-ambiances-chaudes-et-humides

On compte sur vous

Vous êtes les mieux placer pour parler de votre métier !

Cliquez sur l'image ci-dessus pour témoigner ou ici

Rejoignez-nous !

Les articles, les jeux concours, les paroles d'éleveurs sont en direct sur

Facebook Twitter Google+

Newsletters ABC

Chaque mois, recevez gratuitement les meilleurs articles sélectionnés par les éleveurs, selon votre filière.

Tentés ?
Regardez les dernières newsletters